vu avec ma patate
Un bon film, dommage qu'il ne soit pas ds ttes les salles...
Réalisateur
Michel Gondry
Interprètes
Jack Black, Mos Def, Danny Glover
Origine
Etats-Unis
Durée
1h34
Date de sortie
5 mars 2008
Mais l'important, donc, est ailleurs, c'est le « rembobinez », car sous la fantaisie, il y a un autre projet, plus sérieux, plus mélancolique, qui concerne la petite ville où se déroule le film (Passaic, New Jersey). Il s'y agit de reconstituer, autour de la figure mythique d'un jazzman qui avait vécu là au siècle dernier, la communauté d'un quartier. C'est par l'atelier tournage et l'atelier bricolage que se reforme la soudure municipale. L'horizon est un passé glorieux mais fictionnel, et l'histoire, ou plutôt sa réécriture, débouche sur un finale à la Capra. C'est bien peu de choses et c'est gentil comme tout, sauf que gêne ici cette plate naïveté, telle qu'elle se reformule en ce que Jung appelait le « rêve compensatoire ». Gêne, parce qu'on voit bien à quelle unique fonction Gondry attribue le cinéma : les matériaux, dont il est fait ici un usage récréatif, sont les briques qui servent à ériger le cinéma lui-même dans son rôle compensatoire, au fond le pire de tous (effacer la vie, le réel, le monde tel qu'il est avec ses défauts / rembobiner / réécrire le tout à l'encre rose) - autisme mignon, révisionnisme cool et sans conséquence, mais qui fera dire encore une fois, hélas, que le cinéma est sympa car il fait oublier la vie. On a le droit aussi de penser qu'il n'est pas fait pour cela, et qu'au contraire, avec le cinéma, il faut chercher ici-bas le moyen de notre salut, et non dans quelque ciel ou quelque VHS infiniment réenregistrable.
